Un an d'échange à l'Illinois Institute of Technology of Chicago, ou lorsque le petit marseillais se rend au pays de l'oncle Sam et de Burger King... Au fan de pied il est pas fada ce minot?! Peuchère, à aller tchatcher avec les Ricains pendant un an, il va nous revenir complètement chèvre. Enfin, lui au moins il se cague pas!

dimanche 16 novembre 2008

Don d'organes


Avant de parler de choses sérieuses, il faut absolument que je vous annonce LA grande nouvelle du week-end: il a commencé à neiger. Evidemment ça ne tient pas encore au sol, mais l'invasion de gros flocons a commencé en fin d'après-midi et je dois vous avouer que ça me rend tout joyeux. La neige m'amuse autant que ce que la pluie m'exaspère. Les gouttes de pluie tombent vite, les flocons de neige planent. La pluie fait beaucoup de bruit alors que la neige tombe sans bruit. La pluie rend tout dégueulasse alors que la neige dépose son blanc manteau sur toutes les cochonneries, rendant le paysage superbe... Et puis on peut se rouler dans la neige fraîchement tombée. J'adore ça. OK, lorsque ça fond c'est pas terrible, mais je vous reparlerai de ça dans 5 mois. Il paraît que l'an dernier la première chute de neige qui a tenu au sol était le 1er décembre. Il nous reste donc encore deux semaines à patienter. Mais tout de même, il neige!!
Voilà, je peux maintenant vous raconter la soirée de hier. Je ne suis pas trop soirée, et encore moins boîte de nuit. Pour moi les seuls trucs qui peuvent être esquicher au point d'atteindre une densité de 500 au mètre carré sont les anchois et personnellement je n'ai rien d'un anchois! Les boîtes c'est donc bon pour les anchois, et les anchois c'est bon pour moi. En plus je n'aime pas me coucher trop tard (ou trop tôt, c'est selon comment vous voyez les choses). Je choisis donc mes sorties nocturnes. Hier Skyppi a proposé un Blues Bar dans le nord de Chicago. Comme d'habitude j'ai beaucoup hésité, tergiversé, titillé et puis la curiosité a pris le dessus et j'ai décidé de me joindre au groupe. Départ donc du campus à 20h45 avec Skyppi et Mathieu. Ca pelait dur hi
er soir et vu l'heure il n'y avait pas beaucoup de trains pour le centre ville. Heureusement en arrivant à la station on entend l'annonce d'un train pour le downtown. Reasy? Set. Go! On commence à courir comme des fous et on arrive sur le quai au moment où les portes se ferment. Les trains de Chicago ne sont pas modernes et le chauffeur passe sa tête par la fenêtre au moment de fermer les portes. Il nous a donc sûrement vu arriver comme des dératés. Mais il ne nous a pas attendu. Enfoiré! Enfin, ça a permis aux passagers de bien se fendre la poire. Le bon point c'est qu'après ce petit sprint on n'avait presque plus froid. J'insiste sur le "presque". Bref, on a attendu le train suivant et après une grosse demi-heure on est arrivé devant le Blues Bar. Il doit vraiment pas faire chaud l'hiver parce qu'il y a un sas à l'entrée du bar et la porte n'est pas très large. Ca doit pas être facile pour tout le monde de rentrer! Comme je suis celui qui a le plus froid, je passe en premier. Première porte, deuxième porte et "douane". Ce que j'appelle la douane c'est un mec qui est assis juste derrière la seconde porte et qui vous rançonne à votre entrée. Normalement il est aussi censé vérifier que les gens ont plus de 21ans. Mais hier seuls les dollars l'intéressaient.
Lorsque vous arrivez à Chicago en provenance de France vous savez que vous allez passer à la douane. L'emplacement est indiquée, la procédure officielle. L'espace est organisé de façon à ce que le douanier soit en vue et puisse bien vous observer et vous entendre. La douane est la porte d'entrée du pays. Avant la douane c'est le nomans land. Après la douane c'est bon. Au Blues Bar c'est l'opposé. Le douanier n'est pas devant la porte mais caché derrière la porte, de façon à ce que vous ne le voyez pas tout de suite. Vous êtes dans le sas, qui est le nomans land, vous ouvrez la seconde porte et alors que vous croyiez être arrivé un gars vous crie un truc incompréhensible dans les oreilles. Vous tardez un peu à discerner le bonhomme dans le noir (ouais parce qu'il fait assez sombre dans le binz) et puis vous comprenez que c'est à vous qu'il s'adresse et vous remarquez qu'il a une énorme liasse de billets à la main. Le
cerveau se met donc à tourner (pas facile après la demi- heure passée dans le froid). Lorsque les neurones sont à demi décongelés, vous comprenez que: le gars à l'entrée fait partie du staff du bar (même s'il n'en n'a pas l'air), qu'il n'essaie pas de se cacher mais tout juste de trouver un place pour faire son boulot, qu'il crie parce qu'il y a un boucan du tonnerre, que chaque billet de la liasse a appartenu à une personne présente dans le bar... Et que le bruit inaudible qu'il vous a adressé est le chiffre indiqué sur le papier vert. Comme j'avais rien pigé à ce qu'il m'avait demandé, j'ai fouillé dans mon tas de billets et je lui ai donné le plus gros que j'avais, celui de 20 dollars en pensant que ça ne pourrait pas être aussi cher et qu'il allait donc me rendre de la monnaie pour augmenter mon tas. Ne croyez pas que je me la pète en disant que j'ai un "tas de billets" sur moi: c'est vrai! C'est qu'en fait les Américains ont des billets de 1 dollar et ils vous en refilent sans arrêt. Vous vous retrouvez donc rapidement avec une quinzaine de billets dans votre porte-feuille. Perso, vu que j'ai la référence euro, j'ai l'impression d'être super riche, mais en fait ça fait pas lourd. Je m'attendais à ce que le douanier du Blues Bar me donne quelques 1 dollar pour complèter ma collection, mais il m'a juste donné un 10. J'en ai déduis que le prix de l'entrée était de 10 dollars et je me suis engouffré dans la pénombre (houhou ça fait peur hein?)
Avec le copains on est, dans un premier temps, restés debout, dans le fond de la pièce. P
erso j'aimais bien cet endroit. Certes on était loin de la scène où se produisait le Blues Band, mais on ne gênait personne et on voyait tout sans être vu, tout cela sans rien perdre côté musique étant donné que c'était assez fort.
Malheureusement Skippy a voulu se rapprocher de la scène. Mathieu lui a donc emboîté le pas et je me suis décidé à les suivre pour ne pas rester tout seul au piquet. La densité de population au mètre carré n'était pas de 500 comme les anchois mais c'était tout de même pas mal et c'était vraiment pas facile de se faufiler entre les gens, surtout à cause de mon énorme veste. Après quelques mètres Skyppi s'est trouvé un poteau pour s'appuyer. Fin de la progression. Tant bien que mal Mathieu s'est glissé sur le côté de l'allée et je suis resté comme un grand cornichon au milieu de la foule, et surtout juste devant les gens à qui je venais de dire "sorry, scuse me, sorry, sorry, pardon". Je me suis retourné pour voir et j'ai eu droit à un regard pas très content d'une fille. Elle avait peut-être une bonne vue sur la scène avant que je débarque, mais maintenant elle avait un gros plan sur mon dos. Ah ben bravo, c'est du joli! Mais j'ai trouvé une idée géniale pour la prochaine fois: je vais me faire faire un sweat shirt avec un truc du style "I am sorry to disturb you, but do not have I a nice back?". Et puis je vais aussi me faire faire un T-Shirt avec une batterie de blagues dans le dos. Comme ça j'arrive, je me mets devant les gens, j'enlève mon manteau et ils peuvent voir que je m'excuse. Ensuite je tombe le sweat et ils ont des blagues pour patienter. C'est une bonne idée non? Il faut juste que je trouve une solution pour ne pas avoir à porter tout ce que j'aurais enlevé. Je suis ouvert à toutes propositions.
Hier je n'avais pas mon super sweat shirt et j'étais donc bien content lorsque des sièges se sont libérés et qu'on ait pu y accéder. Pour une fois que je n'ai pas perdu au jeu des chaises musicales. D'accord mon tabouret ét
ait dans le passage et il m'a fallu me lever 1324 fois dans la soirée, mais c'était un moindre mal.
La musique n'était pas trop mauvaise: c'était un espèce de blues jazzy joué par un groupe composé de 3 noirs, 3 blancs et 1 métisse. Ce qui est certain c'est que tout le monde entendait. La salle était toute petite, mais il y avait quand même deux enceintes monstrueuses. En plus, comme si tout cela ne suffisait pas, les deux ou trois qui chantaient gueulaient comme des putois dans leurs micros. Impossible d'entendre ce que vous disait votre voisin. Je me demande encore comment les serveuses prenaient les commandes. Si ça se trouve elles faisaient juste un grand sourire et vous vous retrouviez avec une boisson complètement différente de ce que vous aviez demandé. Pour Mathieu et Skyppi ça c'est plutôt bien passé puisqu'ils ont eu ce qu'ils avaient commandé. C
omme je ne bois pas d'alcool (si si je vous jure que c'est vrai) je me suis contenté des rondelles de citron présentes sur les verres et elles n'étaient pas mauvaises du tout. On est rentré à 1h30 du matin et bizarrement je n'ai pas trop été démonté aujourd'hui... Si ce n'est au niveau des oreillles.
Le son était vraiment trop fort. Impossible de se parler, obligé de se boucher les oreilles lors des solos de saxo... C'était pas évident. En sortant de ce Blues Bar j'avais du mal à marcher tellement je n'entendais plus rien, comme si j'avais perdu mes tympans. Aujourd'hui j'ai essayé d'écouter un peu de musique (pour palier aux reniflements incessants de Viral) mais impossible. Je crois que j'ai fait une overdose de son et que j'ai perdu mes tympans. Jeudi il y avait à IIT un stand pour le don d'organes. J'ai déjà réfléchi sur ce sujet suite aux trajets en bus fait avec le volley et les entraîneurs qui se prenaient pour Michel Vaillant et j'en suis arrivé à la conclusion que si je devaiS
(S du subjonctif n'est-ce pas!!) mourir bientôt (ça fait toujours plaisir d'écrire ça) je donneraiS mes organes. Mais je crois qu'il va falloir que je précise que mes tympans sont hors d'usage. Je n'ose même pas imaginer ceux des artistes! Il n'y a d'ailleurs qu'à regarder la tête qu'ils font en jouant! Au début je croyais que c'était parce qu'ils étaient à fond dans leur musique, mais en fait c'est tout simplement parce qu'ils ont mal aux oreilles! Des tympans de musiciens ça doit être comme des poumons de fumeurs!

Enfin, je vais me faire un petit post-it pour la prochaine fois que je dois aller écouter de la musique:
Prendre un sweat shirt "Excuse me"
Prendre un T -Shirt "Jokes"
Prendre des boules quies (ça paraît un peu incroyable de se dire qu'il faut des bouchons d'oreilles pour écouter de la musique!!)



Regardez la tête du guitariste et du saxophoniste (le chauve qui dépasse devant le chanteur): ils ont mal qu'ils n'en peuvent plus!


vendredi 14 novembre 2008

C'est Viral...



Je vous arrête tout de suite: je ne suis pas malade. Le titre de cet article pourrait en effet porter à confusion, mais je vous jure que je vais bien et que je vais vous parler de mon côté maniaque. Chose promise chose due!
Deux choses. Premièrement, comme vous le savez si vous avez suivi le blog rég
ulièrement j'ai dû changer de chambre il y a un peu plus de quatre semaines. Si cette obligation de déménagement m'a dans un premier temps fait vraiment ch.. ce fut en fait une bonne chose. J'ai en effet quitté mon "first floor" peuplé d'ados américains bruyants et inintéressant pour le "third floor" composé de Chinois pas très communicatifs mais très discrets. En plus j'ai trouvé un coloc pas trop mal: Viral.
Je l'écrivais encore dans le post sur la I Fest, je suis quelqu'un de rangé, maniaque. Un peu trop au goût de mes soeurs. Mais je ne suis pas le pire. On peut toujours trouver plus fort que soi. C'est pas des blagues. Vo
us vous demandez qui peut être plus maniaque que moi? Je vous répondrai "plein de monde", mais je vous citerais en premier mon coloc, Viral.
Pour vous présenter un peu la personne, il est d'origine indienne, mais vit au Zambie. Sa carte d'identité est indienne (il est né en Inde) mais il se dit Zambien (sa famille a immigré en Afrique il y a une cinquantaine d'année et il n'a jamais habité en Inde). Physiquement il est assez grand (1,85m) mais vraiment pas gros, plutôt du genre 70kg tout mouillé. Interdiction formelle de sortir par fort vent au risque de se retrouver perché au sommet de la Sears tower! Côté caractère il est très croyant (je ne sais pas quelle religion, peut être musulman). Il prie le matin en se levant, plusieurs fois pendant la journée, le soir avant de se coucher et toujours avant de sortir. Il sort d'ailleurs toujours à reculons comme pour ne pas tourner le dos à sa divinité... Bizarre, bizarre. Mais le trait de caractère le plus caractéristique de Viral est qu'il est extra hyper mega super rangé et ordonné. Je pense que je suis pas mal dans le genre, mais lui il me dépasse et m'efface! Jugez par vous même!
On commence avec lorsque le réveil sonne. Un élève lambda éteint son réveil, le
balance à l'autre bout de la chambre et se rendort. Lorsqu'il finit par se lever il balance son pyjama, si tenté soit peu qu'il en ait un. Le Benoît éteint son réveil et au bout d'un effort surhumain parvient à sortir de son lit. Il bazarde son pyjama sur son lit. Le Viral a un premier réveil qui sonne pour lui annoncer qu'il lui reste 15mn de sommeil. Il l'éteint. 10mn plus tard un second réveil sonne (pas le même!). 5mn plus tard la montre sonne et le Viral se lève enfin. Il plie alors son pyjama et le pose sur son oreiller. Incroyable. L'élève lambda ne fait pas son lit. Le Benoît fait son lit. Le Viral ventile sa couette, son drap, son oreiller, ferme son lit et fait en sorte qu'il n'y ait pas un pli. Du jamais vu. Passons maintenant au bureau. Celui d'un élève lambda concurrence sans problème les souks de Marrackech. Celui d'un Benoît est un petit foutoir dans lequel on parvient tout de même à se retrouver. Celui d'un Viral est impeccable: les livres sont rangés les uns à côté des autres, classés par taille, les stylos sont dans le pot à crayons, tous les post-it sont à l'horizontale et l'espacement entre chacun est toujours le même et sur la dernière étagère les bidules à prières sont exactement centrés. Il faut le voir pour le croire.
Je finirai avec les chaussures. En rentrant un étudiant lambda ne quitte pas ses chaussures, ou alors les laisse traîner n'importe où. Un Benoît quitte ses pompes pour enfiler ses chaussons. Un Viral quitte ses chaussures et les place côte à côte. Toutes les paires sont impeccablement rangées, parallèles les unes par rapport aux autres. C'est d
u délire!!
L'avantage c'est qu'il ne perd jamais de temps à chercher ses affaires. Au moment de se coucher un étudiant lambda part en expédition spéléologique pour dénicher son pyjama. Retrouver son homework sur son bureau tient de la chasse au trésor et avoir qu'un seul pied lui permettrait de ne pas chercher trop longtemps la deuxième chaussure chaque fois qu'il sort. Lorsqu'il va se coucher le Benoît trouve son pyjama dans son lit, pour sortir la zone de recherche de la paire de pompe est réduite. En fait seul le bureau pose parfois quelques problèmes. Pour le Viral tout à sa place et je me demande s'il sait ce que "perdre ses affaires" ou "chercher ses pompes" veut dire.
Le truc c'est que sa manie commence à déteindre sur moi, ou plutôt devient contraignante. J'ai parfois l'impression d'être vraiment bordélique. Alors pour ne pas trop le traumatiser je range mon bureau ou mes fr
ingues, alors que c'est tout à fait honorable!
Enfin j'ai l'air de me plaindre comme ça, mais je suis assez content de ce no
uveau coturne. Quand je vois le coloc de Skyppi qui invite sans arrêt ses copains et fume dans la chambre (ce qui est interdit au passage) ou alors celui de Ronny (from Deutschland) qui fout le boxon dans la chambre, ou celui d'Alex (from Malaisia) qui joue à ses jeux vidéos jusqu'à 4h du mat tous les jours, je me dis que je ne suis pas si mal tombé!



Bon, d'accord le côté gauche est beaucoup plus clair, mais avouez que c'est quand pas mal à droite aussi!

jeudi 13 novembre 2008


Bon, voilà bientôt une semaine que je n'ai pas mis d'article en ligne et je pense que certains doivent s'inquiéter (don't worry maman je suis toujours en vie), d'autres ont la moutarde qui leur monte au nez (cooooool Antoine) et les membres d'une dernière catégorie commencent à avoir des douleurs dans l'index à force de venir cliquer... Pour ne finalement rien trouver. Mais je vais mettre fin à votre calvaire avec ce petit article.
Je tiens tout d'abord à préciser que, contrairement à ce que j'avais annoncé dans le précédent post, je ne parlerai pas de mon caractère maniaque. Ne vous inquiétez pas, je garde ce sujet au chaud et je vous le sers dès que possible. Mais il m'est arrivé un truc pas mal mardi et il faut absolument que je vous raconte ça. Mais avant de commencer je vous donne la cause de mon silence: homeworks, lab reports, projects, tests, French Lunch... Pour ce qui est des travaux scolaires je suis pratiquement arrivé au bout. Côté French Lunch il nous (la FRench Association) reste encore jusqu'à demain 11h pour fignoler ça. Sachant que j'ai test de 8h30 à 10h30 et TP ensuite je vais déléguer à mes collègues (ah ils ont bon dos les copains!).
Trêves de blabla, passons aux choses sérieuses. Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit (il me semble que oui), mais l'organisation de la scolarité américaine est complètement différente du modèle français. C'est comme la cuisine, mais dans l'autre sens. Je m'explique. En France vous allez au Carrefour, Super U ou autre Auchan, vous achetez vos ingrédients, puis vous rentrez chez vous pour vous cuisiner un bon petit plat (j'en bave devant mon écran). Il y a évidemment des Américains qui pratiquent de la sorte, mais le modèle le plus répandu reste d'acheter un plat préparé pour ou d'aller au fast food. En gros, en France on fait ce qui nous plaît, aux US c'est prêt à consommer. Hé bien à l'école c'est le contraire. En France lorsque vous intégrez une filière, vous acceptez un "package": cours, profs, emploi du temps, nombre d'année d'études. Impossible de contourner. Ici c'est "create your own"! Si je prends l'exemple du génie civil, il y a des cours requis pour l'obtention du diplôme, mais ils ne représentent que 50%. De plus vous pouvez les prendre dans l'ordre que vous voulez. Dans le genre c'est possible de faire Analyse des Structures 2 et ensuite Analyse des Structures 1. C'est ce que j'appelle la logique américaine. Pour les 50% de cours restants, vous pouvez prendre ce qu'il vous plaît! Les critères de choix les plus fréquents sont donc l'horaire du cours (pas grand monde travaille le lundi matin et très peu vont en cours le vendredi), le prof qui enseigne, la quantité de homework... Je dois dire que ça surprend. Personnellement je ne suis confronté à aucun choix cornélien étant donné que c'est l'INSA qui choisit mes cours et évidemment ils sont pour plus de la moitié le soir de 18h à 21h. J'adore...
Vu comme ça le modèle américain pourrait faire envie. Mais il a un gros défaut, c'est qu'il est américain. Et qui dit américain dit chacun pour soi et que le plus fort gagne. Dans le système français vous n'avez pas à vous demander si vous allez pouvoir suivre tel ou tel cours au semestre suivant. La répartition des étudiants, les horaires des cours et tout ce bazard est géré par l'administration. On ne vous demande pas votre avis mais vous êtes sûr de ce que vous aurez. Ici c'est complètement différent, l'inscription à une classe se faisant sur la base du "premier venu premier servi". Comme on est dans un pays développé les inscriptions se font sur internet. On pourrait donc penser que ce procédé permet d'éviter les queues, gruges et tout ce genre de choses mais il n'en est rien. Un code PIN est nécessaire pour pouvoir s'inscrire. Le précieux numéro n'est valable qu'un semestre et il est délivré par le tuteur de l'élève, le "advisor".
Je pensais que seuls les étudiants internationaux avaient un advisor. Mais dans le modèle américain tous les étudiants ont un advisor (j'ai appris ça vendredi dernier). Résultat des courses, lorsque le début des inscriptions approche tout le monde veut rencontrer l'advisor pour avoir son PIN code. Dès que j'ai su cette histoire j'ai couru au bureau de mon advisor et j'ai trouvé sur sa porte une liste d'attente d'une soixantaine de personnes. Il était vendredi, 14h, impossible donc d'avoir le code vu le nombre de personnes devant moi. La prochaine session de mon advisor était mardi 9h15. J'ai donc décidé de revenir mardi. Le début des inscriptions était le samedi à minuit. Il devait donc être possible d'avoir les cours que l'INSA me réclame.
Pour vous donner une petite idée de l'ampleur que prend l'inscription ici, mon coloc s'est connecté sur l'intranet le dimanche à 00h01 pour s'inscrire à ses cours... Complètement marteau!
Pendant toute la journée de dimanche puis celle de lundi je suis allé régulièrement voir l'évolution des places disponibles. Je dois dire que ça diminue très très rapidement. Lundi soir il restait une place dans un cours, deux dans l'autre et quatre dans le troisième. Il fallait faire vite!
Je me suis donc levé tôt mardi et je me suis pointé à 8h devant le bureau de mon advisor. Sachant que l'horaire d'ouverture était 9h15 je pensais être le premier. Que néni soeur Emmanuelle. Il y avait deux gars qui attendaient déjà! J'étais troisième, ça fait quand même un podium, c'est pas mal. Me voilà donc parti pour attendre. Vous savez comment sont les couloirs administratifs: vides de tout sièges. Alors j'ai commencé par rester debout. Mais au bout de 10mn j'ai eu envie de m'asseoir... Et c'est là que les ennuis ont commencé.
Lorsque je suis parti pour les US, j'ai mis dans ma valise pas mal de trucs vieux. L'idée était (et est toujours) de les porter pendant mon séjour et de les balancer avant mon retour. Parmi mes vieilles fringues figurait un pantalon beige dont le tissus commençait à devenir très fin. Vous sentez le coup venir? Je me suis assis en tailleur et j'ai entendu un gros CRICCCC, suivi d'une sensation de froid au derrière. Je vérifie. Jackpot!!! J'avais mon pantalon complètement déchiré, laissant apparaître un fessier musclé (héhé) mais tout blanc. J'avais donc deux solutions: attendre avec mon trou au derrière et voir mon advisor en troisième position ou retourner me changer au risque de perdre ma place. J'ai opté pour la seconde solution. C'est comme ça que j'ai traversé le campus le cul à l'air un mardi à 8h10 du matin. Heureusement il n'y avait pas grand monde pour profiter du spectacle.
La suite est énervante et moins marrante. Je suis retourné m'enquiller dans la queue. Par chance personne n'était arrivé et j'étais toujours troisième. A 9h15 l'advisor a débarqué. Même pas un regard ou un mot à la file d'attente. Il a appelé le premier, puis le seond, puis moi... Mais plutôt que de me dire de rentrer il m'a dit qu'il n'était plus mon advisor anymore et qu'il fallait que je prenne rendez-vous avec un tel. Vous croyez que ça leur aurez venu à l'idée de m'envoyer un mail pour me dire ça? Si la France et les US ont quelque chose en commun c'est la qualité de leur administration!
Bref, j'ai pris rendez-vous avec mon nouveau tuteur, je lui expliqué qu'il fallait absolument que je prenne telles et telles classes. Il m'a dit de ne pas m'inquiéter, qu'il allait faire le nécessaire. C'est ce que l'on verra. Pour le moment je n'ai pas eu de nouvelle de sa part. Ca c'est pas cool. Je n'ai pas non plus reçu de mail de IIT Safety Police pour me dire qu'il était interdit de faire de l'exibitionnisme sur le campus. Et ça c'est plutôt cool;-)


samedi 8 novembre 2008

I Fest

Aïe aïe aïe, j'ai bien cru que je n'aurai jamais le temps et le courage de l'écrire celui-là! Mais si je ne veux pas trop que le sujet devienne une vieillerie il faut que ça se fasse vite. Tant pis pour les homeworks, les compte-rendus de TP et les révisions pour les deux tests de la semaine prochaine. Ca attendra bien demain... Mais ça va être chargé demain, il va falloir envoyer du bois!
Si je suis encore à la ramasse comme ça pour mon travail c'est encore à cause de cette fuc..(heu, pardon Mathieu) foutue I Fest!
Je vous avais dit que j'avais quitté l'organisation du show français faute de manque d'organisation de IIT. Pour moi il fallait mieux abandonner que de s'obstiner. Mais les autres n'étaient pas de cet avis et je les ai laissés dans de beaux draps. Je me plains souvent des autres: comme le chantait Souchon il y a maintenant quelques années "toujours méchant, jamais content". Mais je vais vous confier un secret (à ne pas répéter évidemment): heureusement que tout le monde n'est pas comme moi!! Les autres Frenchies se sont donc attelés à adapter le show à la nouvelle disposition choisie par IIT. Le challenge était de taille: 3 jours pour remodeler la pièce, adpater le film et la bande son... Et trouver des gens pour jouer. Je voyais ça impossible. Mais il semble qu'impossible ne soit pas français... Et je dois donc me rendre à l'évidence, je ne suis pas Français (aimer les fromages qui puent n'est pas suffisant!). Bref, j'ai acheté mon entrée pour le spectacle de I Fest et je m'y suis rendu en tant que spectateur. Je dois vous signaler qu'entre temps j'ai perdu ma place... Le boulet... J'ai dû expliquer mon cas à l'entrée et je dois dire que les types à l'entrée ont été sympa et m'ont laissé rentrer. Entre parenthèse, si celui à qui j'ai de ce fait payer l'entrée pouvait me laisser un commentaire en remerciement je lui en serais très reconnaissant, parce que mes lecteurs ne sont pas très bavards en ce moment (ceci ne s'adresse pas à toi Antoine;-).
A l'intérieur de l'immense salle j'ai évidemment retrouvé mes compatriotes, concentrés et stressés. Je n'avais pas à aller sur scène étant donné que je m'étais défilé mais j'étais inquiet pour eux. Qu'allaient-ils nous pondre?! Et puis la lumière s'est éteinte et le show a commencé... En fanfare: pas de son pour les micros. Ce fut ensuite le rétroprojecteur qui ne fonctionnait pas, et puis le son de la musique accompagnant un chant a été coupé en plein milieu de la chanson. Avec toutes ces péripéties le programme n'était plus du tout respecté et le " French journal TV " n'arrivait pas. Et puis tout d'un coup alors que l'on attendait un truc chinois, le générique du 20h est arrivé. C'était parti! Comme je n'étais pas prêt il m'a fallu un temps pour que j'allume mon appareil photos et que je passe en mode caméra. Le petit film ci-dessous ne comprend donc pas les 30 premières secondes du French show, mais le plus gros y est et vous pourrez en convenir: ils se sont plutôt bien débrouillés... Je devrais même dire qu'ils se sont très bien débrouillés. Si la lumière avait pu être un petit peu plus forte pour que le présentateur (Ben) eut pu lire ses notes s'eut été excellent. Evidemment ce n'était pas aussi carré que ce que j'avais imaginé. Il y avait de l'improvisation, des enchaînements pas très travaillés, des mises en scènes pas parfaites... Mais le résultat était tout à fait au rendez-vous et le public a apprécié ce que mes camarades ont fait. Vraiment, les gars, chapeau! Si le jury avait été un vrai jury, vous auriez gagné!
Ah oui, parce que comme dans tout ce qui est proposé sur le campus le spectacle était en fait un concours, les trois meilleurs shows étant récompensés... Normalement le jury doit être objectif. Mais pour la I Fest il n'y a pas d'objectivité qui tienne: le premier prix est tous les ans pour les Indiens (ce sont les plus nombreux sur le campus, les plus nombreux sur la scène et en plus certains des danseurs font partie de l'organisation). Les second et troisième prix sont attribués à différentes communautés (peut-être en fonction du nombre d'étudiants). Cette année, ce sont les Africains et les Chinois qui ont eu les diplômes. Oui, le prix n'est pas extraordinaire, il s'agit juste d'un bout de papier avec une signature. Mais si vous aviez vu l'euphorie de la communauté indienne lors du verdict! En fait c'est peut-être pour ça qu'ils leur donnent le premier prix tous les ans. Parce que si ce n'est pas le cas t'as la moitié du campus qui ferait une semaine de deuil et il n'y aurait plus personne en cours!
Ce que je retiendrai de cette soirée c'est qu'il faut plus de 33ans à une université américaine pour être rodée sur l'organisation d'un show (ils comprennent peut-être vite mais il faut leur expliquer longtemps, c'était la 33ème édition de la I Fest). Je retiendrai aussi que "mise en scène imparfaite" ne veut pas dire "show lamentable". Il va peut-être falloir que j'essaie d'accepter que tout ne soit pas toujours parfait... Mais ça va être dur, très très très dur!
J'aime que les choses soient claires, nettes, précises, prévues... Lorsque je fais quelque chose je ne laisse rien au hasard. Je suis ordonné dans tout ce que je fais. J'aime bien le modèle allemand parce que chez eux tout est carré... Ah mais voilà, je me suis trompé de pays! Je ne suis pas Français mais Allemand! C'est en Allemagne qu'il fallait aller! Mais mon allemand n'est vraiment pas terrible... Pour finir, j'aimerais dire à mes soeurs, qui sont sans arrêt en train de me dire que je suis trop maniaque que je ne suis pas le pire, je vous raconterai ça lundi soir si j'ai le temps.




Encore bravo les gars (et les filles;-)


mercredi 5 novembre 2008

Election Night à Grant Park: historical moment

Je sais que beaucoup attendent avec impatience cet opus... Et je vous comprends! Je ne sais pas trop comment raconter un tel événement. Dois-je être complètement objectif et sérieux et me concentrer uniquement sur la soirée à Grant Park ou puis-je expliquer comment j'en suis arrivé à aller à Grant Park et mettre une petite pointe d'humour dans cet article. Une pointe d'humour? Volontiers!
Voilà, tout le monde (le monde au sens premier du terme!!) attendait avec impatience les élections américaines. On savait depuis longtemps que ce serait le 4 novembre 2008. Mais on sait maintenant que cette date restera gravée à tout jamais dans l'histoire de l'humanité. Vous vous rendez compte, un noir à la tête de la première puissance mondiale! Je suis sûr qu'il y en a qui doivent en faire des cauchemards (tiens, bien fait pour ta gueule Le Pen!). Pour avoir assisté en direct à l'annonce des résultats, je peux vous dire que le moment était magique. Pourtant j'ai mis du temps à me décider à aller à Grant Park.

La faute à cette indécision revient en premier lieu à la I Fest (ouais, encore elle!). Vu que j'avais passé ma semaine à préparer des jeux de scène et des scripts en anglais, je n'avais pas trop bosser mes homeworks et mes compte-rendus de TP. J'en avais donc deux pour aujourd'hui, un pour demain et trois pour vendredi. Le temps pressait de faire ça, d'autant que je voulais aller à la piscine ce matin. Je m'étais mis dans l'idée de finir au moins un de mes deux homeworks pour aujourd'hui avant de "peut-être" aller dans le downtown. Le problème c'est que le devoir de fondations était compliqué et je commençais à comprendre que je ne pourrais pas le finir avant un bon moment. J'ai donc allumé la radio, CNN live: "More than one million people are waiting here in Grant Park.... Barack OBAMA is arrived here in the afternoon... Many people with T-Shirts, flags, posters..." Je dois vous dire que ce n'était pas facile de travailler. Je décide donc d'appeler les copains pour savoir ce qu'ils font. Pas moyen d'avoir Skyppi. Pas moyen d'avoir Sanh... Je refais l'essai une fois, deux fois, trois fois... Finalement Sanh décroche: "je suis dans le train, rejoins nous, on se trouvera bien"... "Heu, ça j'en suis pas sûr. Je vais rester à la chambre, c'est plus sûr". Mais impossible de faire mon homework. J'avais le sentiment que quelque chose de
très spécial se passait. Tant pis pour le homework, il attendra demain! Go to Grant Park!
Me voilà donc parti en direction du nord. Habituellement, les parkings que l'on aperçoit le long du train sont plutôt vides le soir. Mais là ils étaient tous blindés. Roosevelt est normalement une station tranquille, hier il y avait autant de monde que dans le métro marseillais un soir de match. Je n'avais pas pris la carte du downtown et je ne savais pas trop où il fallait que j'aille. Mais je n'ai pas eu à me poser longtemps la question. A peine sortie du L (le train en hauteur de Chicago) je me suis retrouvé au milieu d'une foule de gens portant des T-Shirts, drapeaux, casquettes, pins... A l'effigie de Obama. J'ai donc suivi le flow. C'était impressionnant. Les 4 voies du downtown étaient toutes coupées et envahies par des milliers et des milliers de gens. Tout le monde avait voté dans le même sens et maintenant tout le monde marchait dans le même sens. Ca me faisait un peu penser à la scène de l'Age de Glace 2 (y'a de la référence là hein! Qu'est-ce que vous vous voulez c'est mon âge!) quand les animaux commencent à se déplacer tous dan
s la même direction parce qu'ils ressentent qu'un grand événement va se passer. Après quelques minutes de marche je suis arrivé à une "intersection": à droite ceux qui avaient une invitation (et qui allaient voir Obama en vrai", à gauche ceux qui n'avaient pas d'invitation et qui allait voir Obama sur des écrans géants. Evidemment je n'avais pas de ticket, donc je suis allé où il y avait plein de monde, à gauche. Avant de continuer, j'aimerais vous dire que les billets ont disparu en quelques heures. Si vous étiez intéressés pour voir Obama, il fallait vous dépêchez... Ou alors payer très cher. Deux Français de IIT ont en effet vendu leur billet 400$ l'unité sur e-bay étant donné qu'ils ont finalement été invités par TF1. Pourquoi? Comment? Je ne sais pas.
J'en étais à la file de gauche. L'entrée de Grant Park se fait sur des espèces de ponts. Je me suis donc "enquillé" dans la queue. Ca n'avançait pas très vite. Et puis j'ai remarqué que très peu de personnes n'utilisaient le t
rottoir. C'était en fait surtout des gens qui sortaient. Je me suis donc faufilé jusqu'au sidewalk (pas facile quand on fait 1,90m) et j'ai remonté le pont à coup de "sorry", "excuse me", "pardon", en 1mn montre en main. Mais j'ai été accueilli de l'autre côté du pont par un flic qui m'a gueulé dans les oreilles "go away! The sidewalk is an exit! Go left! Go left!!". OK, OK, mec, pas de problèmes je vais aller "left". Je me suis donc re-enquillé dans la file et je suis tout de suite entré dans Grant Park. Première mission accomplie.
Seconde étape, trouver quelque chose d'intéressant à voir. Soudain un cris immense,. C'est pas possible, Obama doit être là. Je presse le pas et arrive devant un écran géant sur lequel vient de s'afficher le résultat des votes de l'Iowa: Obama a gagné dans cet état, ce qui met ses supporters dans tous leurs états. Je me rends compte qu'il n'y a pas un écran, m
ais des dizaines. Je me dirige vers un. Pourquoi celui-là, je ne sais pas. Me voilà prêt pour la grande nouvelle du siècle. Il est 20h15 et le résultat définitif ne devrait pas arriver avant 23h. J'ai du temps. Sur l'écran un gars récapitule les scores déjà connus, fait des hypothèses sur les résultats à venir, prend la température au QG de Mc Cain... Le tout copieusement entrecoupé de pub. Je pense qu'elle devait valoir des sous la seconde de publicité sur CNN hier entre 20h et 23h! Ces longues minutes de réclame me donne le temps d'observer les gens autour de moi. Il y a de tout: des noirs, des blancs, des jaunes, des jeunes, des vieux, des familles, des bandes de copains... Il y a même des jolies filles, comme quoi il y en a quand même! Mais je ne vois pas de gros. Il faut dire que rester debout pendant 3 heures n'est pas facile. Ou alors peut-être que les fans de Obama ont fait comme lui et se sont fait refaire une beauté à coup de chirurgie esthétique... Pendant une petite pause pub j'aperçois Mathieu, un Français de IIT, l'ancien président de la FRench Association. Je l'attrape au vol. Incroyable: au milieu de tous ces gens on s'est retrouvé. On attend donc ensemble, ce qui permet de taper la discute. Pauvre Mathieu, il regrettait de ne pas être de l'autre côté de la barrière pour voir Obama en vrai. C'est vrai qu'il a été président tout de même! Obama aurait pu lui faire une invit spéciale!
Les heures passent, les résultats tombent petit à petit. Ils sont très favorables au candidat démocrate. On sent que la tension monte dans l'assistance. Tout le monde croise les doigts. Ca va le faire, c'est sûr. Et puis tout d'un coup jingle et grosse inscription sur l'écran: "BARACK OBAMA ELECTED PRESIDENT"... A ce moment là il s'est passé quelque chose d'indescriptible. Les gens se sont mis à crier, sauter, pleurer, à tomber dans les bras de leur voisin... C'est comme si pendant les 2 minutes qui ont suivi l'annonce de la victoire démocrate tout Chicago s'était mis à crier. Je ne suis pas Américain, je ne suis pas trop versé dans la politique et je ne connais pas Obama personnellement, mais je dois dire que ce moment m'a fait quelque chose. J'ai ressenti au fond de moi quelque chose de spécial que je n'avais encore jamais ressenti (et je me fous des remarques des petits rigolos qui vont se moquer de moi, na!). Il était aux alentours de 22h30.

Quelques minutes plus tard a suivi le discours de Mc Cain. Un peu sifflé, un pe
u applaudi, le discours du conservateur a été respecté, c'est tout. Puis vers 22h50 une dame est apparue devant le pupitre où Obama devait venir. Elle a entamé l'hymne américain a capella. Impressionnant. Et puis à 23h04 la porte à l'arrière de la scène s'est ouverte et Barack Obama est apparu avec sa femme et ses filles. Re applaudissements, sauts, pleurs... Vraiment je vous le répète, c'était émouvant. Après avoir longuement salué la foule Obama a pris la parole pour remercier les gens qui l'ont soutenu, sa grand-mère, décédée quelques jours plus tôt et lancer un message de paix et d'espoir pour l'avenir. Son discours était ponctué du fameux "yes, we can", repris par le million de gens présent à Grant Park. Ca fait quelque chose, et même si ça fait rire les copains, je dois dire que j'en avais les larmes aux yeux. J'y peux rien, je pleure facilement!
J'aimerais seulement faire une petite remarque à ce cher Obama qui a affirmé hier que le rêve américain n'était pas mort et que tout était possible. Je ne pense pas qu'il soit possible pour moi d'être un jour président. La raison est très simple, je tomberais malade dès l'élection! Il devait faire 15°C hier soir, j'avais donc ma veste et j'avais remonté la fermeture jusqu'en haut pour me protéger la gorge. Obama est arrivé sur scène en costard cravate et il a fait son petit discours d'une quinzaine de minutes comme ça. Vraiment je ne pourrais pas!

A la fin du discours tout le monde est reparti vers le downtown, et je dois dire que c'était très très impressionnant. En arrivant il y avait du monde dans les rues, mais là tout le monde repartait en même temps. Il y avait des gens aussi loin que vous puissiez voir. Tout le monde marchait en criant des "OBAMA OBAMA OBAMA" ou alors "YES WE CAN YES WE CAN". Tout d'un coup quelqu'un se mettait à crier et tout le monde se mettait à crier. C'était immense. C'est alors que l'on (Mathieu et moi) a ret
rouvé Sanh, Skyppi et toute la bande. Quand tu voyais tous les Américains qui téléphonaient pour se retrouver, hé bien nous, sans se téléphoner on s'est trouvé!
Le groupe ainsi formé s'est ensuite séparé entre ceux qui sont allés boire un verre (les petits chanceux qui n'avaient pas de homeworks pour aujourd'hui) et les loosers qui avaient des devoirs à rendre. Aujourd'hui j'ai rendu mon devoir de fondation dans les temps. Il n'était peut-être pas aussi bien rédigé que si j'avais passé la soirée de hier à faire ça, m
ais je ne regrette pas mon choix. La Election Night de Grant Park était un moment magique et historique. Le moment que j'ai passé avec les copains, perdu au milieu de milliers d'Américains va complètement dans le sens d'une citation que j'ai trouvée dans le bouquin de "Foundation Design". Comme quoi il n'y a pas QUE des bêtises dans les bouquins scolaires. Il y a aussi des choses qui servent;-). Voici la citation, traduite de l'anglais par moi-même: "Le plus grand danger qui vous guette est de laisser les choses urgentes prendre le dessus sur les choses importantes", Tyranny of the Urgent , Charles HUMMEL. Le homework de fondation était urgent, mais aller à Grant Park était important... Bien plus important.





Grant Park!!!


lundi 3 novembre 2008

Le TP de la mort qui tue

Grnnngrnn what the heck it doesn't work?

Vu que j'ai mis un article hier soir et que ma colère n'est pas encore totalement passée, je ne devais pas mettre de post ce soir. En plus de ça il y a les élections demain, ce qui veut dire que j'aurai des choses intéressantes à dire mercredi (enfin j'espère). Mais aujourd'hui j'ai eu mon premier TP d'hydraulique et sincèrement ça vaut un article! Largement! Vous êtes prêts? Allez, c'est parti!
Voilà, lundi dernier, j'ai fini à 19h30 étant donné que mon groupe n'avait pas TP d'hydro. Cela m'a permis d'aller à la répétition de la I Fest, mais je ne vais pas m'étendre sur ce sujet. Ca piq
ue encore un peu. Fucking IIT!! Désolé, j'ai pas pu m'empêcher. Bref, ce soir mon groupe avait TP de 19h30 à 20h35. C'est sûr que si j'ai le choix entre un cours et un TP je choisis le TP, mais seulement si le compte-rendu n'est pas trop long. Par contre, entre un TP et un retour express à la maison, je prends évidemment la seconde solution. Malheureusement ce soir je n'avais pas le choix et lorsque le prof a décrété que c'était fini pour l'amphi, j'ai pris mon sac et je me suis dirigé vers le labo. Mais sur le chemin je me suis fait arrêter par un gars de ma classe: "hey man, do you play volleyball?". Yes bien sûr! En fait, il avait remarqué mon survêt sur lequel c'est écrit en gros "ASUL Grand Lyon Volleyball" et il voulait savoir si ça m'intéressait de me joindre à "sa team". Je lui pose quelques questions, maintenant que je commence à savoir comment ça marche aux States. Le gymnase est à trois plombes du campus, il faut payer une somme "gastronomique" pour pouvoir s'entraîner et chacun doit amener son ballon, le schéma américain dans toute sa splendeur! Je l'ai donc remercié. Mais ça fait une personne avec laquelle je peux tchatcher volley si le cours est trop boring. C'est toujours ça de gagné. Par contre, en discutant avec ce type, j'ai perdu mon groupe et il m'a donc fallu jouer les orienteurs (petit clin d'oeil à Vinc' au passage;-) pour pouvoir trouver la salle 028 du Engineering 1. Après quelques tours de bâtiment j'ai fini par trouver l'escalier menant au sous-sol et j'ai atterri dans le lab avec quelques minutes de retard. Quelle surprise en arrivant dans le labo!
Je ne sais pas si vous êtes déjà allés au Louvre. Personnellement j'y suis allé il y a peut-être 15ans (ça fait loin) et je me souviens que ce qui m'avait le plus plu n'était pas les oeuvres d'art mais les Japonais qui peuplaient le musée. Il y en avait de partout, qui couraient dans tous les sens, parlaient, riaient, prenaient des photos... Trop marrant. Le summum était devant le tableau de la Joconde. Tout le monde connaît l'oeuvre de Léonard de Vinci, pour preuve, même moi à 12ans je connaissais! Je pensais à l'époque que la taille du tableau serait à la hauteur de la réputation de l'oeuvre. Hé bien rien du tout! La Joconde est une toile toute riquiquie. En plus, pour être sûr que Mona Lisa ne s'échappe pas avec un touriste qui lui aurait fait les beaux yeux, l'oeuvre est p
lacée derrière un quadruple vitrage, deux barrières et trois rangs de Japonais armés d'appareils photos. Je me demande si les rangs de Japonais disparaissent parfois... Bref, il est extrêmement difficile de voir la Joconde et si un jour vous allez au Louvre, n'y allez pas seulement pour voir ce tableau! Si je vous raconte tout ça c'est parce qu'en arrivant en TP ce soir j'ai eu l'impression de débarquer dans la salle de la Joconde!
En France, lorsque vous rentrez dans une salle de TP, vous trouvez, dans 95% des cas, des binômes ou trinômes répartis à travers la salle et s'adonnant à différentes manipulations. Il y a différents ateliers et tout le monde passe à tous les ateliers (ou du moins tout le monde tâche de faire le plus d'ateliers possibles). Ici il y a UN appareil. Seul le prof manipule. Les élèves sont autour de lui et essaient d'apercevoir l'expérience, non pas pour comprendre ce qui se passe mais pour prendre des photos! Il paraît que ça fait bien de mettre des illustrations en couleur dans le compte-rendu. Comme les deux appareils sur lesquels a trafiqué le prof today étaient aussi grands que le tableau de la Joconde, prendre des photos "en direct live" demandait des gènes japonais! Sincèrement ça
vaut le coup de venir à assister à un TP rien que pour voir les élèves en train de faire des pieds et des mains pour réussir à prendre une photo d'un pauvre tuyau rempli d'eau!
Ah oui, un autre détail si un jour vous voulez aller à une séance de travaux pratiques: soyez à l'heure. L'an dernier, les TP d'hydraulique duraient 3 heures. Comme c'était loooooonnnnng... Ici c'est de l'expéditif. Le lab d'aujourd'hui a duré en tout et pour tout 22mn. Vu que je suis arrivé 5mn en retard, j'ai perdu près d'un quart du TP... Mort de rire. Maintenant il va falloir faire le compte-rendu. Si c'est aussi rapide que le TP c'est galette. Tout compte fait je me demande si je ne vais pas préférer les TPs à un retour express à la maison ici. C'est vrai quoi, vous obtenez des crédits en 22mn et sans rien faire d'autre que de noter les chiffres que quelqu'un vous dicte! Maintenant il va peut-être falloir que j'essaie de comprendre ce qui s'e
st passé histoire de ne pas trop être à la masse lors des prochains cours si le prof fait référence au TP!
A la prochaine pour parler US élection. Alors qui sera le prochain locataire de la maison blanche? OBAMA ou Mc CAIN???



Celle là je l'ai choppée sur internet. Il faut être pistonné pour faire une photo pareille: pas de quadruple vitrage, pas de Japonais... Mais ça ne vaut pas l'ambiance qui règne dans cette salle!


dimanche 2 novembre 2008

Fucking Illinois Institute of Technology of Chicago

Je n'avais pas prévu de mettre en article en ligne ce soir. Pas grand chose à raconter, une petite de flemme et une envie de vacances... Mais il y a des imprévus qui sont de très bons sujets d'articles... Et puis écrire permet de se défouler. J'espère que le staff de IIT ne parle pas français parce que sinon je vais avoir quelques histoires. Accrochez vous, ça va saigner!
Voilà, vendredi 7 novembre doit avoir lieu ce qui est annoncé comme le plus grand événement sur le campus de IIT: l'International Fest. Comme je vous l'ai déjà dit dans un post précédent, ils s'agit d'un grand spectacle dans lequel chacune des associations d'étrangers vient faire un petit show... Enfin, si ses membres sont assez motivés pour ça.
Personnellement je suis Français et j'ai donc adhéré à la FRA, la FRench Association. Comme je "kiffe pas" les réunions et que je ne suis pas trop tourné "social" (lorsque je ne faisais pas le point au volley, mon entraîneur me disait souvent "hé on n'est pas là pour faire du social!"), je ne suis pas un membre très actif... Disons que je grossis un peu la liste des adhérents, ce qui permet au bureau d'avoir un peu plus de poids lorsqu'il est temps pour le BDE de IIT de voter le budget attribué à chaque association. C'est déjà pas mal non? Si je n'assiste pas aux réunions, ce n'est pas pour autant que je ne soutiens pas mes collègues, especially quand ils sont dans la merd... Alors lorsqu'ils m'ont appelé lundi dernier pour me demander de venir les aider pour préparer le show de la I Fest, j'ai tout de suite accepté. Je suis un peu arrivé comme un cheveu sur la soupe étant donné que le sujet et la forme de la représentation avaient été votée lors d'une réunion. L'idée était de présentée la France de façon amusante et à la façon d'un journal télévisé. Cela m'a plu. Mais le power point qu'ils m'ont présenté, de même que le discours du présentateur, étaient assez... Bancal. Rien n'était écrit noir sur blanc, ni le texte ni les jeux de scène, les diapos s'enchaînaient de façon déjantées... De plus, certains des sketches s'appuyaient sur des "délires" typiquement français pas toujours facile à saisir, même pour un Français. Et puis je trouvais que certaines situations étaient de mauvais goût (exemple: montrer l'image de Zidane en train de mettre un coup de tête à Materazzy... Sincèrement est-ce que c'est l'image que vous voulez donner de la France?!). Bref, il fallait un peu d'ordre. Je me suis proposé pour cette tâche et j'ai passé quelques heures (beaucoup d'heures en fait) à trouver un ordre logique aux idées présentes dans le power point, à écrire le texte du speaker et à mettre en place des jeux de scène faciles à mettre en place, drôles et compréhensif. Je suis finalement parvenu à quelque chose qui me semblait correcte , tant dans la durée que dans le contenu. J'ai alors envoyé un mail du script aux membres de la FRA pour savoir ce qu'ils en pensaient. Une seule réponse avec des commentaires constructifs. Je me suis dit: "parfait, tout le monde est OK". C'est donc confiant que je suis allé à la réunion de jeudi après-midi.
Mais là je suis tombé de haut en m'entendant dire que ce que j'avais fait était nul, complètement différent de l'idée de départ et que je n'avais rien à faire ici vu que l'on ne m'avait jamais vu aux réunions... Sympathique! Malheureusement pour eux je suis un têtu, surtout lorsque je crois en mes idées et pour le coup j'étais (et je suis toujours certain) qu'avec une bonne implication de chacun, cette pièce serait wonderful. J'ai donc discuté, expliqué, dialogué, gueulé, et mon idée a finalement était choisie. Par contre, afin de satisfaire les caprices d'un ou deux, il m'a fallu retravailler 2 scènes. Avec Alexandre nous avons passé 4 heures vendredi après-midi renfermé dans une salle, chacun devant notre PC à faire le power point et le script. Sincèrement je serais bien allé avec les autres m'acheter un costume pour Halloween ou promener en ville. Mais comme tout le monde était d'accord avec ce que nous faisions, nous avons fait cet effort. J'ai ensuite travaillé dessus cette pièce une partie de la journée de hier et cette après-midi. On dirait pas comme ça, mais gérer les déplacements scéniques de 9 personnes est quelque chose qui n'est vraiment pas facile. (Je pense qu'Alexandre a lui aussi passé une bonne partie de son week end à transformer le power point en film et à adapter la bande son).
Nous nous sommes donc réunis ce soir de 18h à 21h pour travailler le timing entre le discours du présentateur et la vidéo. Et après quelques engueulades sévères nous sommes parvenus à nos fins. Première étape accomplie. Après cette répétition officieuse avait lieu la répétition officielle, dans le grand amphi du HUB, avec écran, lumière, son, rideau... Le grand jeu. Jouer sur la scène devait nous permettre de finaliser la coordination entre le film, le discours et les jeux de scène. Mais le staff en charge du backstage nous prévient dès notre arrivée: pas d'écran.
Pas d'écran, aujourd'hui? Oui. Mais un écran vendredi? Oui. Alors tout va bien... Mais on comprend rapidement qu'il n'y aura pas d'écran vendredi non plus. Les tuitions fees de IIT de 12000$ le semestre (parfois plus) mais il n'y a pas de rétro projecteur en hauteur dans cet "amphi spectacle". L'appareil est donc posé sur un siège au premier rang. Toute personne passant sur scène produit donc une ombre immense qui cache une partie de l'image affichée à l'écran. Nous avions pris connaissance de la situation lors de la répétition de lundi soir et nous nous étions accomodés de cet inconvénient. Mais les organisateurs ont décidé de changer ça. Ils ont donc placé un écran minuscule sur la droite de la scène, avec le rétro posé à 3 mètres de lui. Cela produit donc une toute petite image non visible depuis la scène et très difficilement compréhensible depuis les sièges situés sur la gauche de l'amphi (je le sais j'ai testé!). Avec cette nouvelle disposition il nous est impossible pour le présentateur de se calquer sur les images, impossible pour nous de jouer avec les diapos... Bref, tout ce que nous avions préparé tombe à l'eau. Il faut tout reprendre de A à Z en l'adaptant à cette nouvelle répartition scénique.
Personnellement j'ai passé beaucoup de temps sur la version actuelle et je me suis accroché plusieurs fois avec certains membres de la FRA. J'ai donc décidé de jeter l'éponge. Que ceux qui sont motivés pour faire quelque chose de correcte d'ici mercredi (dernière répétition mercredi soir) prennent les rênes, moi je me retire.
Avant de donner cette démission je suis allé parlé aux personnes en régie et au staff sur scène. Pourquoi avoir changé la position de l'écran?? N'est-il pas possible de revenir sur ce qui avait été présenté lors de la répétition de la semaine derrière. NON! Pourquoi? PARCE QUE! Ah ben merci les explications. En fait il y a 14 groupes qui vont passer sur scène. 4 seulement utilisent le rétro projecteur et nous sommes le seul groupe gêné par la position. Enfin, il est beaucoup plus simple pour eux d'ajuster les sons et lumières pour des dances (c'est pratiquement les mêmes chaque année).
Bref, je suis upset! En France, on nous rabâche que l'INSA de Lyon est une des meilleures écoles d'ingénieurs. Mais lorsque vous y êtes étudiant, vous vous rendez compte que c'est différent de la plaquette de présentation. De la même façon on vous fait un lavage de cerveau à votre entrée à IIT en vous matraquant que IIT est une des meilleures universités des US... Et puis après vous vous apercevez qu'ils n'ont même pas un rétro projecteur, qu'ils préfèrent voir les mêmes dances que celles des années précédentes plutôt qu'une nouvelle pièce de théâtre comique... L'université américaine n'est pas mieux que l'université française, j'en suis maintenant certain.
Je vais tout de même finir par quelques choses de positif. Mon rhume va mieux ce soir (hé oui, je ne vous l'avais pas dit mais j'étais encore malade, je suis trèèèèèèèèèèèèèès fragile), les températures sont chaudes (trop à mon goût, il fait 22°C en journée) et, fin suprême, j'ai reçu confirmation de Janella: je vais pouvoir aller faire un petit tour à Miami pendant le winter break. Ca c'est de la balle!


BENOIT EN COLERE = PAS DE PHOTO